Algérie Watch dénonce les condamnations injustes prononcées à l’encontre de la militante maghrébine Sihem Ben Sedrine

Algérie Watch exprime sa profonde inquiétude et condamne fermement le verdict injuste rendu tard dans la nuit de jeudi à l’encontre de la militante historique des droits de l’homme et présidente de la Commission tunisienne « Vérité et Dignité », Sihem Ben Sedrine.

La condamnation de cette figure de proue des droits de l’homme à 25 ans de prison ferme et à des amendes astronomiques constitue une preuve irréfutable de l’absence des conditions minimales d’un procès équitable en Tunisie aujourd’hui. Ce verdict révèle également la dépendance absolue du pouvoir judiciaire et sa subordination au pouvoir exécutif, dans le cadre d’une politique systématique de suppression des libertés fondamentales, menée par un régime autoritaire qui cherche à saper le pluralisme et à réprimer les voix dissidentes, tout en se drapant dans un discours populiste et accusateur qui exclut toute opinion divergente.

La chambre pénale chargée d’examiner les affaires de corruption financière au tribunal de première instance de Tunis a condamné, dans la nuit de jeudi à vendredi, la présidente de la « Commission Vérité et Dignité » (dont le mandat est arrivé à terme) à une peine de 25 ans de prison, sur la base d’accusations dénuées d’objectivité relatives à des « abus et irrégularités » ayant entaché les travaux de la Commission, ainsi que pour son implication dans l’affaire de la Banque franco-tunisienne.

En raison de ce harcèlement systématique, la militante Sihem Ben Sedrine a déjà passé plusieurs mois en détention provisoire à la prison de « Mernagui », dans le cadre de l’enquête, dans des conditions de détention difficiles qui ont eu un impact direct et grave sur son état de santé.

Bien que la défense ait affirmé que le dossier d’accusation était totalement dépourvu de toute preuve concrète à charge, la « justice des instructions » n’a pas manqué de se plier aux diktats de la contre-révolution et des coulisses du pouvoir ; ces acteurs cherchent à se venger de Mme Ben Sedrine pour avoir osé mener le processus de justice transitionnelle, démanteler le système autoritaire, et de dénoncer les crimes de l’ancien régime et ses réseaux alliés aux cartels financiers corrompus et aux forces étrangères, au premier rang desquels les réseaux français.

Algeria Watch, animée par un sens des responsabilités et de solidarité maghrébine, lance un appel pressant aux :

Algériennes et aux Algériens (en Algérie et à l’étranger) : de se mobiliser et d’exprimer une solidarité large et inconditionnelle avec la militante Ben Sedrine ; convaincue que son combat fait partie intégrante de la lutte commune des peuples maghrébins contre la dictature, les violations des droits humains et toutes les formes d’hégémonie et de tutelle.

Forces libres et démocratiques du monde entier : formons un large front de solidarité international pour faire face à cette arbitraire et à cette « justice vengeresse », qui visent avant tout à criminaliser le processus de justice transitionnelle et à anéantir tout espoir de relancer la transition démocratique en Tunisie.

En conclusion, Algérie Watch réaffirme son engagement total et indéfectible dans toutes les initiatives de lutte et de solidarité visant à dénoncer ce verdict injuste prononcé à l’encontre d’une figure historique parmi les plus éminentes militantes de la cause des droits de l’homme dans le Maghreb.