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La résistance iranienne face à l’agression impérialiste

Algeria-Watch

La quatrième semaine de l’agression impérialo-sioniste contre la République islamique d’Iran n’est toujours pas celle de la victoire fulgurante annoncée le 28 février par les stratèges du Pentagone et leurs maitres de Tel Aviv. Comme toutes les guerres de la Civilisation menées en terre d’Islam, le Blitzkrieg a massivement porté atteinte au pays, détruisant des écoles et des hôpitaux, tuant des civils innocents. Mais sans porter de coups décisifs aux capacités militaires de l’Iran. 

La guerre de propagande, entre mépris et auto-intoxication, autour de « l’oblitération » des lanceurs d’engins balistiques et de la défense anti-aérienne iranienne est catégoriquement démentie par les faits. L’offensive terroriste déclenchée par Israël et son valet américain, de l’assassinat de dirigeants aux déluges de missiles, n’a visiblement pas abouti à l’amoindrissement des moyens de riposte et offensifs de Téhéran. La crainte de l’enlisement et la perspective d’une défaite stratégique aux conséquences désastreuses pour l’Empire expliquent la multiplication des signaux d’apaisement envoyés ces derniers jours par Washington.

Le retour à la table des négociations souhaité par la Maison-Blanche se heurte cependant au refus de la République Islamique, échaudée par les rounds de négociations précédents au cours desquels leur pays a été bombardé traitreusement. L’empire ignore la parole donnée et ne connait pas l’honneur. L’Iran ne souhaite pas un cessez-le-feu qui en ne changeant pas la donne, déboucherait inévitablement sur des manœuvres de déstabilisation et sur une nouvelle agression.

La fermeté réitérée de la position iranienne s’appuie sur les développements du conflit sur le terrain et son impact international. Ainsi, il ne fait guère de doute que la riposte iranienne est effective, infligeant des dommages substantiels aux dispositifs militaires et aux infrastructures des agresseurs. L’armée iranienne gère avec une maitrise évidente les règles de la guerre asymétrique, imposant un coût économique et politique de plus en plus èlevé à leur ennemi.

Dans la région du Golfe et jusqu’en Jordanie, les bases américaines et leurs équipements stratégiques, extrêmement onéreux et très difficilement remplaçables, sont méthodiquement détruits. Le retrait de deux porte-avions sur les trois déployés à proximité des côtes iraniennes à la suite « d’avaries » de diverses natures traduit bien l’impasse dans laquelle se trouve les généraux du Pentagone. A cet égard, les gesticulations autour de l’envoi de troupes terrestres dans la région apparaissent bien comme un élément de guerre psychologique plutôt que d’une hypothèse opérationnelle.

 Cet état du rapport de forces est également perceptible au Liban où les observateurs occidentaux considéraient juste avant son entrée dans la bataille que le Hezbollah était à l’agonie. Tel n’est pas le cas et ce constat est valable pour la résistance islamique en Irak, en attendant l’entrée dans le conflit de l’armée Ansar Allah au Yémen…

A ce jour, les grands perdants de l’affrontement en cours sont incontestablement les pétromonarchies du Golfe. Leur statut de cobelligérants de facto les a désignés comme cibles légitimes de la riposte iranienne. Comment en effet penser que Téhéran allait contempler sans réagir des attaques lancées à partir des territoires ou des espaces aériens de ces principautés vassalisées ? La réplique iranienne est cohérente et conforme au droit international, n’en déplaise aux courtisans de l’Empire. De fait, ces principautés de pacotille n’ont pas même été défendues au minimum par leurs protecteurs occidentaux.

La gestion sélective du passage de tanker par le détroit d’Ormuz comme la destruction d’infrastructures hydrocarbures dans la région a créé une autre catégorie de perdants, les pays occidentaux mais également asiatiques dont les approvisionnements énergétiques sont gravement impactés. Les répercussions économiques de la suspension ou au moins de l’interruption perlée des flux pétroliers et gaziers provoque déjà une poussée inflationniste et à terme pourrait susciter une récession économique générale aux dimensions difficiles à évaluer à ce stade. Les perspectives sont davantage plombées si le Yémen venait à bloquer le passage de Bab el Mendeb entre la mer Rouge et l’océan Indien.

Les grands gagnants de cette situation sont, à l’évidence, la Fédération de Russie et la République Populaire de Chine qui observent l’affaiblissement de leur principal adversaire commun. Moscou bénéficie de la hausse des prix pétroliers et la Chine, peu dépendante des sources énergétiques moyen-orientales, élargit ses marges d’influence dans le détroit de Taiwan et en Mer de Chine méridionale.

L’Iran montre qu’un pays encerclé, soumis à un régime de sanctions extrêmement pénalisant, cloué au pilori par l’Occident collectif depuis 47 ans, est capable de résister par la seule mobilisation de ses capacités nationales. Il appartient au reste du monde de tirer les leçons de cette pédagogie de la résistance. Pour les castes corrompues et dégénérées qui dirigent le monde arabo-musulman qui croient être à l’abri sous le parapluie des pires ennemis de leurs peuples, le réveil est douloureux. Pour la jeunesse et les intellectuels libres du monde arabe et musulman l’Iran est bien le dernier défenseur de la civilisation islamique ouvertement menacée par l’impérialisme et le sionisme.

La détermination iranienne à préserver son indépendance et son autonomie de décision en refusant les diktats et en infligeant des revers significatifs à l’agresseur impérialiste rend un service fondamental à la paix et aux nations du monde. En effet, le rapport de force brute, les menaces et intimidations sur lesquels se fonde le rapport américain au reste de la planète est directement remis en question. L’unilatéralisme américain et son hégémonie déchire ostensiblement le droit international, réduit les Nations-Unies à un sinistre théâtre de l’impuissance en terrorisant le reste du monde, alliés comme ennemis, qui, par leur appui direct ou leur silence soumis, ont permis la poursuite du génocide palestinien.

C’est bien le sort de l’humanité toute entière qui se joue en Asie occidentale. Dans le conflit en cours, la prévalence de l’axe néofasciste, raciste et suprématiste, qui dans la plus complète immoralité, pilote l’occident tout entier sonnerait le glas des aspirations du plus grand nombre à un ordre global plus juste, non violent ou la résolution des conflits passe par la négociation et le compromis. Pour la paix durable et l’instauration d’une réelle démocratie mondiale, Il est essentiel que la résistance iranienne sorte victorieuse de cette guerre.