Le MAK : D’outil des luttes de pouvoir internes à instrument de chantage international contre l’Algérie
Farouk L. Benzaïm – Algeria-Watch 23 Décembre 2025
« Je refuse d’associer la langue à l’ignorance et à l’obscurantisme. J’ai toujours encouragé mes amis politiques à apprendre l’arabe. Et j’encourage mes concitoyens arabophones à apprendre le tamazight. »
Cette citation est extraite d’un discours fort et émouvant prononcé par le leader national Hocine Aït Ahmed lors d’un rassemblement organisé à Alger par son parti le Front des Forces Socialistes (FFS) dans la salle du Martyr Harcha Hassan à l’occasion de son retour en Algérie, le 15 décembre 1989, après 23 ans d’exil. Le message visait deux cibles distinctes. D’une part la rhétorique identitaire de rupture du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), qui avait annoncé sa création en février 1989 à l’Université de Hasnaoua sous la direction de Saïd Saadi et de Ferhat Mehenni. Et, d’autre part les discours d’exclusion des nationalistes arabes et des islamistes extrémistes assimilant langue arabe, islam et appartenance ethnique. Le message d’Aït Ahmed était à la fois politique et pédagogique ; il avait pour objectif d’éviter le piège tendu pour faire échouer la transition démocratique et alimenter l’obscurantisme au nom des identités amazighe, arabe et islamique, pervertissant ainsi les véritables débats sur la construction d’un État qui protège la nation algérienne dans sa diversité et son unité.
Hocine Ait Ahmed, qui, au lendemain de l’indépendance, ayant choisi la voie exigeante des principes de la révolution algérienne, a toujours refusé les avantages matériels et les postes prestigieux avait tenu à lancer ce message car il était informé des projets séditieux du « maire du palais » le très influent général Larbi Belkheir. Ce général alors tout puissant directeur de cabinet du président Chadli Bendjedid, avait en effet incité lors des troubles d’octobre 1988, certains activistes, ex-détenus du Printemps amazigh d’avril 1980, à former un parti politique prônant un laïcisme radical « à la française » et une conception fermée et identitaire de l’identité amazighe. Par ailleurs, la ligne politique des partis islamistes, Front islamique du salut et d’autres formations prônant un discours religieux extrémiste, hostile à la modernité et à la démocratie et rejetant l’identité amazighe, était soutenue en sous-main par ce général. Le but de cette approche étant de susciter des contradictions irréductibles susceptibles de bloquer toute avancée vers un État démocratique.
Principal bénéficiaire du soutien du général Belkheir, Saïd Saadi, dont le parti a été créé avant même la promulgation de la constitution du 23 février 1989 qui a instauré le multipartisme, a utilisé le Mouvement culturel amazigh comme tribune les 10 et 11 février 1989, à l’Université de Hasnaoua à Tizi Ouzou, pour annoncer la fondation du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), par une formule choc « Le Mouvement culturel amazigh est mort, vive le Rassemblement pour la culture et la démocratie ! ».
Sur l’estrade, Saïd Saadi avait pris soin de se placer entre feu Mustapha Bacha et Ferhat Mehenni (alors connu sous son nom de scène Ferhat Imazighen Imoula) pour la photo, car il était alors beaucoup moins connu que ces deux activistes. Pour faciliter la structuration du parti de Saïd Saadi, notamment en Kabylie, le général Belkheir fit nommer Abdelmadjid Tebboune l’un de ses lieutenants, en tant que wali (préfet) de Tizi Ouzou le 26 juillet 1989, poste que ce fonctionnaire docile occupa jusqu’au 21 août 1991. Grâce à ce soutien administratif, Saïd Saadi put ouvrir des bureaux dans plusieurs communes rurales et dans certaines grandes villes.
Manipulation des médias pour promouvoir Saïd Saadi : instrumentalisation de l’image de Ferhat Mehenni et diffamation de Hocine Aït Ahmed
Le lendemain du discours d’Hocine Aït Ahmed à la salle Harcha, le 15 décembre 1989, la plupart des journaux contrôlés par le très équivoque Mohamed Meguedem chargé de la communication au palais présidentiel d’El Mouradia pour le compte de Larbi Belkheir, s’attachèrent à exagérer l’importance du premier congrès fondateur du parti de Saïd Saadi tout en réduisant la signification du meeting animé par le leader du FFS. Les observateurs de la vie politique l’avaient compris : la date de ce congrès avait été arrêtée pour coïncider avec le retour d’exil d’Hocine Aït Ahmed.
L’objectif était limpide, il s’agissait de « lancer » Saïd Saadi en s’appuyant sur l’image de Ferhat Mehenni, célèbre notamment pour ses chansons « Berzidan », «Ibeɛtiyen » et « Taɛrabt ». Cette opération coïncida avec le début d’une campagne de diffamation orchestrée contre Hocine Aït Ahmed, menée par la presse francophone au nom d’une prétendue « modernité » et par la presse arabophone au nom d’une soi-disant « défense de la langue arabe » et de la loi visant à généraliser son usage, une mesure qu’Abdelaziz Belkhadem, un proche de Larbi Belkheir, avait tenté d’imposer lorsqu’il était président du Parlement.
L’alliance de Saïd Saadi avec Ferhat Mehenni n’était nullement un contrat indissoluble conclu entre deux partenaires également responsables. Ce rapprochement avait été arrangé par la police politique sous l’égide de Larbi Belkheir relayé par les officines du régime. Cette alliance prit donc fin une fois que les objectifs fixés par les parrains furent atteints. La rupture brutale entre les deux hommes survint à la fin de l’année 1997, lorsque Ferhat Mehenni découvrit que les bénéfices substantiels accumulés par Saïd Saadi en échange du soutien au coup d’État contre le processus démocratique en janvier 1992 et de l’engagement pour l’armement des civils dans la sale guerre étaient loin d’être équitablement distribués. Ces avantages matériels, constitués de capitaux, de biens immobiliers, de terrains mais aussi de sinécures administratives et autres avantages, avaient été très inégalement répartis entre les dirigeants du parti.
A la suite de cet amer constat et de la rupture qui s’ensuivit, Ferhat Mehenni tenta de contacter Hocine Aït Ahmed avec l’aide de son ancien ami du Mouvement culturel berbère (MCB), Djamel Zenati, pour rejoindre le FFS. Cependant, Aït Ahmed s’opposa à son adhésion au parti, ayant rapidement évalué la dimension du candidat à l’adhésion, personnalité narcissique, arcbouté sur d’étroites convictions identitaires et contaminé par les pratiques rentières de son ancien compère Saïd Saadi. Les deux hommes n’hésitant pas à tenter de manipuler cyniquement la population kabyle, considérée par eux comme simple levier dans les luttes de pouvoir dans les sphères du système.
…Le Printemps noir… Le patriotisme des lycéens de Kabylie et la décision d’Hocine Aït Ahmed de se présenter aux élections locales pour empêcher l’isolement de la Kabylie du reste de l’Algérie.
A la suite du Printemps noir d’avril 2001, qui a causé plus de 126 victimes, Ferhat Mehenni annonce la création du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) en août 2001. Dès lors, la logique politique connait une évolution décisive : l’instrumentalisation de la Kabylie n’est plus confinée à la sphère étroite des luttes de pouvoir du système. Le retrait du RCD, parti de Saïd Saadi du gouvernement en témoigne. L’alliance avec Abdelaziz Bouteflika, orchestrée par Larbi Belkheir, pour soutenir son accès à la présidence en avril 1999 ayant perdu sa raison d’être. De son côté, Ferhat Mehenni tente de singulariser les dimensions régionales de la crise nationale du pays pour en faire un levier de chantage international contre l’Algérie, en tant qu’État-Nation. La répression des manifestations en Kabylie voit l’apparition d’un mouvement des Arouch (factions ou tribus) populiste et engagé dans une surenchère démagogique. Hocine Aït Ahmed a réagi politiquement en s’opposant à ce mouvement qui comptait parmi ses animateurs de nombreux militants du parti de Saïd Saadi, ainsi que des populistes sectaristes et une nuée d’opportunistes proches de Ferhat Mehenni.
Le dirigeant du FFS avait mis en cause le régime, accusé de perpétrer des massacres menaçant le tissu social de la communauté. Face à l’intensification des menaces et des violences contre ses militants et sympathisants, Hocine Aït Ahmed a décidé de se présenter aux élections locales après avoir boycotté les élections législatives, qui se déroulaient alors que la violence faisait encore rage en Kabylie.
Aït Ahmed avait compris que le boycott des élections locales reviendrait à livrer la région à ces opportunistes. Sa participation a donc été saluée par les citoyens de la région, de nombreux intellectuels, hommes politiques et personnalités respectées, comme feu Abderrahmane Chibane, alors président de l’Association des oulémas musulmans algériens, qui avait comparé Aït Ahmed aux grands résistants et aux figures emblématiques de la nation islamique et algérienne.
Le FFS, parti d’Aït Ahmed aux élections appuyait le mouvement lycéen, en réponse au gouvernement d’Ali Benflis qui avait organisé une session spéciale ad-hoc du baccalauréat en Kabylie. Des marches ont été organisées depuis tous les lycées de Tizi Ouzou, Béjaïa, Bouira, Boumerdès et du nord de Sétif sous le slogan « Baccalauréat national, non pas régional ». Ces manifestations ont été une démonstration nette d’unité patriotique. Les lycéens de Kabylie ne souhaitaient pas se distinguer du reste des élèves du pays et ont donc imposé une seconde session du baccalauréat dans toutes les régions d’Algérie. Le mouvement populaire a ainsi marginalisé le MAK, alors même que le régime le ressuscitait.
La division de la société : les discours étriqués et mystificateurs du chef de l’armée Ahmed Gaïd-Salah et l’article 87 du Code pénal.
Le 22 février 2019, le Hirak, mouvement populaire, est parvenu à unir tous les Algériens dans une impressionnante dynamique nationale pour exiger la refonte complète du système en place. Ce mouvement a ébranlé les fondements du régime et l’a contraint à révoquer le grabataire Abdelaziz Bouteflika. Cependant, pour tenter de réduire le Hirak et dépasser ses blocages, le régime a de nouveau instrumentalisé la Kabylie et ses habitants.
Cette campagne a été inaugurée par une salve du chef d’état-major de l’époque, Ahmed Gaïd Salah, qui s’est ouvertement opposé à d’autres réseaux et factions au sein du régime. Le chef militaire a mobilisé de nombreuses personnalités et médias, y compris les réseaux sociaux, pour diffuser des discours de haine contre la Kabylie. Une propagande construite sur une rhétorique d’exclusion, traitant les berbérophones de « zouaves », et la manipulation de la signification de la conférence de Soummam en 1956 par l’activiste sectaire Mohamed El Amine Belghith. Ce parangon d’une idéologie moribonde, entre baathisme résiduel et nationalisme arabe forclos, se déplaçait dans la capitale sous bonne escorte mise à sa disposition par Wassini Bouazza, le chef de la police politique aujourd’hui dégradé et condamné à une lourde peine. La propagande haineuse s’est déversée sur tout le pays.
Mais les millions de citoyennes et de citoyens qui arpentaient les rues tous les vendredis ont massivement répondu à ce discours par des slogans unitaires comme : « Par Dieu, vous ne nous diviserez pas, les Kabyles sont nos frères. » Parallèlement, la police politique appuyée par les islamistes « bazaristes » ont tenté de répliquer en présentant une version tronquée de l’histoire politique nationale : « Ni Soummam ni Evian, novembre est la déclaration ». Un mot d’ordre accusant de trahison les dirigeants du mouvement national et les résistants qui ont permis le Congrès de la Soummam et les cadres dirigeants qui ont participé aux accords d’Evian.
C’est dans cette atmosphère délétère que le Code pénal est amendé en 2022 avec l’introduction de l’article 87 bis. Cet article a été constitué en base juridique pour la répression des libertés publiques fondamentales, notamment la liberté d’expression, de réunion et d’association. Les dispositions de cet ajout circonstanciel criminalisent toute tentative de manifester, de se rassembler ou de s’exprimer sous quelque forme que ce soit, tout en proposant une définition extensive du terrorisme que les autorités pouvaient utiliser pour dissuader toute forme d’opposition au régime. C’est sur cette base juridique que le pouvoir a accusé les mouvements Rachad et MAK d’infiltration du mouvement populaire.
Puis, l’armée, sous le commandement du général Gaïd Salah, a imposé une élection présidentielle avec des candidats qui n’ont pas cherché à obtenir les votes de la région de Kabylie. L’élection du 12 décembre 2019, dont la date avait été annoncée par Ahmed Gaïd Salah lors d’un discours prononcé dans une caserne, a vu s’affronter cinq candidats qui ont surenchéri sur le thème du nationalisme. Il faut reconnaitre d’emblée que ces acteurs sans talent ni autonomie ont accompli un exploit politique unique qu’aucun Ferhat Mehenni ni aucune puissance étrangère hostile à l’Algérie n’aurait pu réaliser, même avec des milliards de dollars d’équipement ou la mobilisation de centaines de milliers de soldats. Cet exploit a consisté à ignorer et isoler politiquement et géographiquement toute une région du pays.
L’histoire retiendra que ces candidats sous l’emprise absolue de leurs marionnettistes n’ont pas fait campagne dans la région ni même envisagé de la traverser pour solliciter les voix de ses habitants, comme il s’agissait d’un non-lieu, hors des frontières nationales ! Il s’agit très clairement d’un crime politique avéré, assimilable à de la haute trahison. Cet acte politique a mis en cause l’intégrité territoriale et porté atteinte à la communauté nationale. C’est bien à ce niveau que se situe la forfaiture la plus grave, à jamais associé à cette élection.
Quelles sont les raisons qui ont poussé les tireurs de ficelle de ces candidats, décidément très dociles, à contourner des centres urbains aussi importants que Tizi Ouzou ou Béjaïa, et à éviter de faire campagne en Kabylie alors même que le boycott du vote était généralisé à l’échelle nationale ? Cette aberration politique qui a consisté à la mise en quarantaine d’une région entière restera une tache indélébile sur la réputation de tous ceux qui ont œuvré pour imposer un scrutin qui n’a résolu aucun problème, mais a au contraire exacerbé les difficultés internes et externes de l’Algérie, semant systématiquement les germes de la division et de la discorde. Cet épisode a contribué à exacerber les problèmes internes d’un régime qui demeure, à ce jour, embourbée dans de multiples crises.
Ferhat Mehenni, la droite sioniste française et le chantage exercé contre l’Algérie.
Vingt-six ans après son discours à la salle du Martyr Hassan Harcha, Hocine Aït Ahmed est décédé en exil le 23 décembre 2015. Les Algériens lui ont rendu un dernier hommage lors de funérailles nationales grandioses. À la veille du dixième anniversaire de sa mort, les dangers qu’il avait pressentis se sont révélés. Le 14 décembre 2025, dans une salle du 8e arrondissement de Paris, connu pour accueillir des événements sionistes et situé non loin de l’ambassade d’Algérie, environ 200 personnes affiliées au mouvement séparatiste MAK se sont rassemblées pour proclamer une soi-disant « République fédérale de Kabylie ».
L’importance de l’événement survenu à Paris ne saurait être exagérée, mais elle ne saurait être minimisée non plus. Cette déclaration de sécession, à ce moment précis, n’aura aucun impact sur le terrain dans une région pionnière dans la lutte contre l’idéologie et l’administration coloniales, et dans le rejet de l’unilatéralisme et de la dictature. Cependant, de nombreux éléments indiquent que l’objectif principal de cette proclamation très orchestrée est d’épuiser l’Algérie, de créer un climat d’instabilité et, in fine, d’installer le pays dans une spirale de troubles. Le but opérationnel ultime de cette stratégie subversive consiste à insérer ce mouvement sécessioniste raciste dans une logique de pression et de chantage international.
Depuis l’occupation de l’Irak en mars 2003, l’objectif de l’impérialisme est de morceler les sociétés arabes en sectes, ethnies, tribus et factions rivales, afin de les démanteler et de faciliter les redécoupages territoriaux. De petits états ethno-confessionnels opposés les uns aux autres seraient plus facilement dominés par le relais régional de l’occident. Une telle configuration assurerait une domination sioniste durable. C’est dans cette perspective, après avoir été instrumentalisés lors de la guerre d’Afghanistan à la fin des années 1970 et dans les années 1980, que les dirigeants des Frères musulmans et des mouvements salafistes ont été à nouveau activés par l’Occident, grâce aux financements qataris et aux opérations turques sur le terrain, pour livrer la Syrie à Israël en décembre dernier. Nul n’a oublié les circonstances de l’effondrement complet de l’armée syrienne dans les 72 heures suivant la fuite du dictateur Bachar el-Assad.
L’exacerbation des tensions ethniques et la rhétorique religieuse sectaire continue inlassablement de nourrir les divisions, de saper l’idée de résistance et de perpétuer l’hégémonie sur toute la région. Ainsi, le discours identitaire inculte et nivellateur hostile aux Kurdes, aux Arméniens, aux chiites et aux Amazighs vise à désintégrer les sociétés pour en faciliter la domination. Face à ces stratégies de démembrement et de morcellement, un pays comme l’Algérie, même armé jusqu’aux dents, ne peut continuer à fonctionner avec un système politique découplé de la société, faible et impotent. Un tel système, hors du droit, engendre l’échec en recourant cyniquement à l’incitation à la haine et au racisme à l’encontre des dimensions et de l’héritage amazighes de la nation pour se maintenir au pouvoir. Ainsi que l’a amplement montré le comportement des « décideurs » dans le cours du Hirak.
Les enseignements éloquents des événements en Irak, en Libye et tout récemment en Syrie, convergent dans le fait que le maintien de régimes isolés et faillis par des moyens illégaux et illégitimes, par la manipulation et les divisions, menace directement la sécurité nationale et conduit à la désintégration de sociétés toute entières.
Aujourd‘hui en Algérie, l’autoritarisme et l’immobilisme rongent le tissu social, par la démoralisation et la démobilisation, imposant médiocrité et corruption, ignorant le droit, sapant l’idée même d’État, exposant ainsi la Nation en tant qu’entité politique et juridique, à tous les dangers. L’avenir de l’Algérie ne peut être ainsi mis en péril, jetant aux orties le sacrifice de générations d’hommes et de femmes de toutes les régions qui ont tout offert pour que toutes les algériennes et tous les algériens retrouvent leur dignité. Le peuple algérien doit retrouver au plus vite l’intégralité des droits et des libertés proclamés par l’appel du 1er Novembre 1954 porté jusqu’à son dernier souffle par le Moudjahid Hocine Aït Ahmed.