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Un Algérien dans le siècle : un entretien avec Ghazi Hidouci

Algeria-Watch 11 Janvier 2026

Ghazi Hidouci, planificateur et homme politique, est la personnalité à l’origine des réformes politiques et économiques mises en œuvre à partir de la seconde partie des années 1980. Ces réformes qui auraient pu mettre l’Algérie sur les rails d’un développement effectif ont été brutalement interrompues dans la nuit du 4 au 5 juin 1991 par une armée aux ordres d’officiers corrompus et sanguinaires qui, quelques mois plus tard, en ce jour tragique du 11 janvier 1992, précipitent l’Algérie dans un drame interminable.

Pour marquer le trente-quatrième anniversaire, ce 11 janvier 2026, Algeria-Watch a choisi de faire parler Ghazi Hidouci, acteur et témoin, pour évoquer au long de cet entretien qu’Algeria-Watch diffuse en deux parties, aujourd’hui et dans le courant de la semaine prochaine, sa trajectoire personnelle et professionnelle depuis les prémisses de la guerre de Libération jusqu’à nos jours. Ghazi Hidouci évoque l’histoire de l’Algérie pour contribuer à mieux comprendre l’actualité et identifier les voies de sorties pacifiques du blocage politique qui affecte l’Algérie.

La rupture du 11 janvier 1992 est l’acte fondateur d’un système rentier et brutal, pervers mais inintelligent, constamment répressif. Ce système qui embastille tous ceux qui osent exprimer une opinion autonome s’enfonce dans l’arbitraire et le déni de droit. Ses personnels politiques cooptés offrent en permanence à l’opinion algérienne et au monde, l’exhibition éhontée de leurs carences et de leur mépris du peuple. Dans l’incompétence criarde de ses dirigeants de fait, le pays ne peut s’échapper de la spirale régressive installée par le putsch des janviéristes. La société paralysée est bâillonnée, la créativité de sa jeunesse stérilisée et ses aspirations démocratiques écrasées.  

L’écrasante majorité des Algériennes et des Algériens perçoivent clairement que cette suffocante réalité s’insère dans un contexte politique régional et international troublé et dangereux, lourd de dangers pour l’Algérie sous la botte militaro-policière. La réalité politique et stratégique, à tous les niveaux, est marquée par les agissements de plus en plus agressifs des centres impérialistes. Déterminé à maintenir une hégémonie remise en cause, l’impérialisme révoque le droit international et abdique toute prétention morale, même formelle, pour assurer dans la violence nue la continuité du pillage et régler des comptes historiques avec les peuples qui osent lui tenir tête.

Le génocide palestinien est l’expression achevée de ce que l’impérialisme entend réserver à ceux qui refusent l’arbitraire et la soumission. L’arrogance et l’impudence de l’agression américaine au Venezuela traduisent clairement le message politique adressé à ceux qui refusent d’obtempérer au diktat. Dans cette situation critique ou il n’existe pas encore de contrepoids effectifs à ces centres mafieux, les peuples sont seuls et ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

L’opinion algérienne a clairement conscience des dangers directs issus de la transformation en cours des relations internationales et de l’influence croissante de l’idéologie colonialiste et raciste sur les décideurs occidentaux. Les manœuvres à ciel ouvert dirigées contre l’Etat algérien, son unité nationale et son intégrité prennent de l’ampleur et s’inscrivent précisément dans les agendas néocolonialistes, expansionnistes et revanchards.

Ces menées subversives grandissantes visent à capter le mécontentement général suscité par l’autoritarisme et l’orienter vers la destruction du pays. Il s’agit pour la subversion impérialiste de jouer sur toutes les fractures nourries par la caste au pouvoir et martelées par les propagandes. Les scénarios actuels de déstabilisation s’appuient tous sur le schéma des ruptures populaires avec les systèmes liberticides au sud de la planète.